HISTORIQUE

 

 

 

 

 

 

                     

 

L’histoire du Manoir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est Pierre Houel, sieur de Valleville qui fit construire le manoir de 1613 à 1617, dans sa propriété du Fay. Après avoir succédé à son père Jean Houel, en l’Election de Caudebec, il résilia ses charges et vint habiter sur les terres de ses aïeux, situées alors sur les territoires d’Yvetot, de Sainte- Marie-Des-Champs et de Baons-le-Comte.

On trouve trace dès 1462 des attaches séculaires de la famille Houel de Valleville avec le domaine du Fay, alors dénommé Fay des Bans. Cette famille est intimement liée à l’histoire de l’ancien  Royaume d’Yvetot, devenu Principauté après que le roi Henri II eut mis fin à ses prérogatives en 1553. 

Au XVIIème siècle, l’alliance de deux familles :

les Houel de Valleville et les Corneille.

La page la plus connue de l’histoire du manoir concerne les relations familiales qui unirent les  Houel de Valleville avec la famille de Pierre Corneille, (1606-1684) célèbre poète et dramaturge, auteur de pièces comiques puis du Cid (1637),d’Horace, Cinna, Polyeucte…. au point qu’on a parfois abusivement appelé le manoir du Fay « Manoir Corneille ».

Barbe Houel, sœur du constructeur du manoir, épousa en effet en 1570 le grand père de Pierre Corneille, conseiller référendaire à la chancellerie du Parlement de Normandie.

Ils s’installèrent dès leur mariage dans une maison située rue la Pie à Rouen (demeure appelée de nos jours encore « Maison Corneille »), appartenant à la famille De Valleville d’Yvetot.

Pierre Corneille, dit « Le référendaire » et Barbe Houel eurent de nombreux enfants, dont Pierre, futur maître des Eaux et Forêts et père du poète et dramaturge, et Antoine, qui fut curé de Ste Marie des Champs de 1606 à 1648.

Il est certain qu’après la construction du manoir, l’abbé Antoine Corneille, neveu du propriétaire Pierre Houel, vint y séjourner et se reposer dans le pavillon de droite, lorsqu’il arrivait dans sa paroisse dont le vicaire habitait la maison presbytérale, en face de l’Eglise.

Le manoir fut aussi une halte bienfaisante pour son frère Pierre, Maître des Eaux et Forêts, son épouse Marthe Le Pesant et leurs six enfants, dont  Pierre, le dramaturge, Antoine, qui fut curé de Fréville de 1642 à sa mort en 1657, Thomas, lui aussi homme de lettres très connu en son temps, qui sera reçu à l’Académie Française au fauteuil précédemment occupé par son frère Pierre.

 

Leur sœur Marthe, épouse Le Bovyer de Fontenelle, fut la mère de l’écrivain Fontenelle.

Malgré l’absence de trace écrite de leur passage au Manoir du Fay, il est plus que vraisemblable que Pierre et ses frères y firent des séjours bucoliques, peut-être même y trouvèrent-ils source d’inspiration pour composer l’une ou l’autre de ces œuvres qui ont conservé leur nom à la postérité ?

 

Le manoir au XVIIIème siècle et pendant la Révolution.

Une descendante de Pierre Houel de Valleville, Marie Houel, occupa ensuite le manoir. Elle épousa Pierre Louis Isnel de Combles, né en 1632, brigadier de la noblesse du Ban de Caux, qui fut inhumé en 1716 à Ste Marie des Champs.

Des liens très étroits unissaient la famille de Combles et la famille princière d’Yvetot. Ainsi, Camille III d’Albon, dernier prince d’Yvetot qui « régna » sur la Principauté de 1746 à 1772 avait pour grand-mère maternelle Françoise de Combles, épouse d’un échevin de Lyon, David Olivier.

Les deux derniers propriétaires du manoir avant la Révolution furent Louis Marie Gervais Isnel de Combles, né en 1740 et Louis Charles Désiré Isnel, né en 1742.

Emigrés tous deux, les frères Isnel auraient dû voir leurs biens confisqués et vendus au titre des biens nationaux. Mais le manoir échappa à cette mesure confiscatoire en raison d’un litige porté devant les tribunaux par un enfant adultérin contestant un partage effectué des années auparavant. C’est ainsi que le manoir du Fay ne fut pas vendu comme bien national mais réquisitionné pour être transformé en maison de détention destinée à accueillir les suspects du nouveau régime.

Il subsiste un témoignage sur la vie au manoir, devenu prison sous la terreur, dans les mémoires inédits d’un curé de campagne, l’abbé Dumesnil, curé de Guerbaville (actuellement La Mailleraie sur Seine) qui décrit ainsi son arrivée au manoir :

«  Combles, où l’on me conduisit, est une vaste habitation de plaisance, entourée de magnifiques avenues, et située sur la paroisse de Ste Marie, à une demi-lieue d’Yvetot… »

Il reconnait que sa détention au manoir n’était pas des plus rigoureuses. Il dit pouvoir se promener dans la cour et dans un grand et beau jardin clos de murs qui s’étendait de l’autre côté de la maison.

 

 

L’abbé Dumesnil, libéré quelques mois plus tard, eut plus de chance qu’un des ses confrères, Dom Etienne Mauger, emprisonné au Manoir du Fay peu de temps avant lui et transféré à la Conciergerie pour être traduit devant le tribunal révolutionnaire. Il y fut condamné à la peine de mort le 24 floréal de l’an II (13 mai 1794) et guillotiné le jour même.

 

Le manoir après la Révolution.

Localisé jadis sur la paroisse de Ste Marie des Champs qui faisait partie de la Principauté d’Yvetot, le manoir fut définitivement rattaché à Yvetot en 1811, à la suite d’une redéfinition des frontières entre Ste Marie et Yvetot.

Au début du XIXème siècle, le manoir resta la propriété des Isnel de Comble (orthographié à l’époque sans le s final) mais perdit sa fonction d’habitation de plaisance pour être affecté comme maison de ferme louée à des fermiers.

Après la mort des deux dernières descendantes des Isnel de Comble, Pierre Auguste de la Barre de Nanteuil, l’un de leurs co-héritiers, deviendra propriétaire du manoir en 1847. Habitant à Paris, il n’occupa jamais la propriété.

Les héritiers de la famille de la Barre de Nanteuil vendirent en juillet 1879 le manoir et les terres attenantes à Monsieur Amable Hippolyte Eliot, propriétaire à Yvetot.

Ensuite, par le jeu des successions, le manoir connut différents propriétaires, jusqu’à ce que la propriété revienne en 1987 à Madame de Barbe de la Barthe Saint Loubert, épouse de Maître Jean Cornet, notaire à Neuilly sur Seine. C’est elle qui vendit le manoir à la ville d’Yvetot le 27 janvier 1989.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le manoir aujourd’hui.

Lors de son acquisition par la Ville en 1989, l’édifice nécessitait déjà des travaux de restauration. Les dégradations se sont poursuivies avec le temps et il n’est pas accessible aujourd’hui au public en raison de son état sanitaire (fragilité et dangerosité).

Grâce à des travaux d’aménagement récents, le parc est désormais ouvert au public et offre au promeneur tout le charme de ses allées, de ses dépendances et de ses pelouses plantées de pommiers.

Entre 1989 et 2011, trois études ont été commandées par la ville, afin de déterminer les potentiels, qualités et faiblesses du Manoir et du site.

Une étude de faisabilité portant sur le corps de logis est en cours de réalisation. Des travaux indispensables vont être entrepris, en priorité sur les gouttières, pour le garantir des dommages des eaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le jardin.

Lieu de promenade et de méditation apprécié par l’abbé Dumesnil lors de sa détention au manoir du Fay pendant la Révolution, le jardin clos situé à l’arrière du manoir sur une superficie de 3 200 m2 est un des charmes majeurs du site.

Longtemps confié à la gestion de l’A.N.E.T.H (Association Nature Environnement et Techniques Horticoles), le jardin clos a été paysagé et cultivé dans le respect de la méthode biologique.

Il a malheureusement dû fermer ses portes pendant de nombreuses années, mais aujourd’hui les bénévoles de l’association ont entrepris de redonner vie à ce bel espace naturel afin d’y accueillir de nombreux promeneurs.

Ce « jardin secret » offre une perspective remarquable sur la face cachée du manoir, tout en contraste avec le parc champêtre enserrant l’ensemble du site.

Le manoir étant inaccessible en raison de son état de fragilité, le jardin clos s’est imposé aux membres de l’association comme ancrage idéal pour son action d’information, de sensibilisation et d’animation.

L’association souhaite donc en faire un lieu de rencontres coloré et vivant, reflet de la beauté du site.

Ainsi, après plusieurs semaines de débroussaillage par les bénévoles, l’association a profité des journées du patrimoine 2011 pour ouvrir les portes du jardin clos sous la bannière de l’événement : « Ouverture exceptionnelle du Manoir – Venez découvrir une face cachée du Manoir ».

Dès lors, l’association a proposé de prendre en charge le jardin clos, afin d’en faire le cœur de son action en faveur du site, dans le but :

  • d’attirer l’attention du visiteur sur les dangers qui menacent le manoir lui-même, tout en l’informant sur son histoire et son architecture,

  • de développer la connaissance du public sur les jardins paysagers, la nature et la préservation du patrimoine naturel, cauchois en particulier.

L’association projette d’en faire une destination idéale pour les promeneurs, les amoureux des jardins et de la nature qui apprécieront cet espace intime, poétique, faisant écho au passé du manoir.

D'après le livre de Mr Tougard

 

Sources: Mr TOUGARD et Mme S. BIREMBAUT


Manoir du Fay, 76190 YVETOT

Dans l'ouvrage "GEOGRAPHIE du département de la SEINE-INFERIEURE" ouvrage posthume de l'Abbé J. Bunel, continué et publié par l'Abbé A. TOUGARD - Arrondissement de Rouen - édition Bertout:

Il est dit:" Fréville eut pour curé durant 15 années (1642-1657) Antoine Corneille, frère de Pierre Corneille; Prêtre comme Antoine Corneille, son oncle ( dont il a parlé dans l'arr.d'Yvetot), le frère du grand homme avait d'abord été chanoine du Mont-aux-Malades

Le manoir du Fay entre la Royauté et la République

Séance publique de la Société libre d'émulation de Rouen - 1804-1836
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Presse et revues


Extrait 1 : De ces lots, faits le 29 Septembre 1602 , il est résulté que Barbe Houel devint propriétaire de la grande maison B, où elle continua de demeurer
Extrait 2 : Il y a plus : par contrat du 10 Février 1614, Barbe Houel et son fils aîné, le maître des eaux et forêts, fondèrent, en l'église de Saint-Sauveur, quatre obits pour Pierre Corneille, référendaire, leur mari et père, et créèrent, au profit de ladite église, une rente de 10 livres, à 5
Extrait 3 : M. Houël, ce confrère distingué que la société a eu l'honneur de compter parmi ses membres , a été chargé de faire un rapport qui est inséré dans le Précis analytique des travaux de l'académie ( année 1827

Points obscurs et nouveaux de la vie de Pierre Corneille : étude historique et critique, avec pièces justificatives / par F. Bouquet,... - 1888
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Livre
Extrait 1 : Elle appartenait à son oncle, au frère de sa mère, Pierre ilouel, qui la lui vendit, par contrat du 7 juin 1608, et il fut en quelque sorte obligé de le faire, pour arriver au règlement d'affaires de famille, où se trouvaient intéressés Pierre Houel, sieur de Valleville, le vendeur, Marthe Le Pesant, femme de l'acquéreur, et Barbe Houel, sœur du vendeur et mère de l'acquéreur, pour les causes portées au contrat de vente, avec des clauses et réserves de toute espèce.


 

Extrait 2 : APPENDICES' -341 -ledict sieur Corneille .acquicté et deschargé le sieur de Valleville du principal et arrerage qui escherront de .ce jour et à l'ad venir de dix escus solz'de rente hypothèque par ,an esquels ledict sieur de Valleville a dict et recongneu estre tenu et obligé vers damoiselle Barbe Houel sa sœur mère dudict sieur Corneille pour les 'causes contenues en certain contrat d'eschange faiet et passé entre eulx devant les tabellions de Rouen le quatre mars mil cinq cent quatre vingt dix
Extrait 3 : Pierre Houel, sieur de Valleville ancien élu de Caudebec, Nicolas Houel, sieur des Parcs, fils de Jean Houel, sieur de Valleville, leur père.

Précis analytique des travaux de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen - 1807
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Presse et revues
Extrait 1 : En 1602, l'un, la « Grande Maison », fut occupé par sa veuve, Barbe Houël, fille de ce Jean Houël, sieur de Valleville, tenu pour propriétaire du Manoir du Fay
Extrait 2 : 19 mai 1936, Un artiste normand oublié : Jean Houel (1735-1813
Extrait 3 : A Petit-Couronne : Maison de campagne, achetée le 7 juin 1608 par Pierre Corneille, le père, maître des Eaux et Forêts, de Pierre Houël de Valleville, élu de Caudebec

Extrait 3 : Barbe Houël avait deux frères : Pierre, l'aîné, qui prit le nom de sieur de Valleville à la mort de son père, et Nicolas, sieur des Parcs

Extrait 1 : 834 REVUE D'HISTOIRE LITTERAIRE DE LA FRANCE « Du samedi après midi septième jour de Juing mil-six-cens et huit, en la maison du sieur Corneille, Fut présent Pierre Houel, escuyer, sieur de Valleville, antien esleu en l'élection de Caudebec et demeurant en la Paroisse Sainte Marye des Champs, héritier au propre de feu noble homme maître Pierre Houel vivant sieur de Vaudetot, vivant greffier criminel en la court de Parlement de Rouen, lequel de son bon gré confessa avoir vendu, transporté, quicté
Extrait 2 : Pierre Corneille épouse Barbe Houel, fille de Jean Houel, sieur de Valleville, « eslu en l'élection de Caudebec(...)Tout ceci ne nous entraîne pas fort loin de la maison des champs du Petit-Couronne car à cette date de 1598, un échange est fait entre Pierre Houel de Valleville et sa soeur
Extrait 3 : acquicter et descharger le sieur de Valleville du principal et arrerage qui escherront de ce jour et à l'adevenir de dix escus solz de rente ypoteque par an esquels ledit sieur de Valleville a dict et recongneu estre tenu et obligé vers demoiselle Barbe Houel sa soeur, mère du dit Sieur Corneille, pour les causes contenues en certain contrat d'eschange faict et passé entre eulx devant les tabellions de Rouen le trois mars mil cinq cent quatre-vingt dix huit » 11(...)Le 30 mars 1607, nous retrouvons...

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